Le coaching d’organisation en 2023
En effet, il me semble qu’un nouveau paradigme doit être considéré car le changement se poursuit en continu. Puisque nous y avons tous un rôle, la question que j’ai pour vous est : Que souhaitez-vous insuffler au sein de ce changement continu ?
La deuxième raison qui nous invite à changer de paradigme est la nature du monde qui nous entoure. Nous ne parlons plus d’un monde «VUCA» mais «BANI» :
- Brittle (fragile) ;
- Anxieux ;
- Non Linéaire ;
- Incompréhensible.
C’est donc dans ce nouveau contexte que s’inscrit le coaching d’organisation dorénavant. Alors comment qualifier le changement en 2023 et les années à venir ?
Qualifier le changement en 2023
Au regard de la veille que je mène, j’identifie au moins quatre axes majeurs de changements qui touchent toutes les organisations (ou presque) et que je partage avec vous ci-dessous.
#1 – Les transformations numériques
Si elles ne sont pas tout à fait nouvelles, elles ont bénéficié d’un coup d’accélérateur porté par l’Intelligence Artificielle (IA). Cette dernière a pris une ampleur considérable à tel point qu’elle est maintenant accessible à tous et faisant partie de notre quotidien pour la plupart d’entre nous. Nous le voyons également à travers l’économie qui est portée par les technologies. Pour s’en convaincre, il suffit de constater les plus fortes croissances des entreprises qui sont souvent dans le secteur du numérique. Vous l’avez aussi certainement constaté si vous exercez ou accompagnez des organisations dans ce domaine d’activité. Certainement avez-vous pu y déceler les plus grandes évolutions d’organisation. De plus, alors que ce changement est en cours, le ou les prochains sont déjà annoncés. Je pense notamment à l’informatique quantique. Venant du monde de la technologie, je reste impressionné par la rapidité du changement et l’impact que cela porte sur les organisations concernées. Voici deux exemples flagrants pour illustrer mes propos :
L’entreprise chinoise NetDragon Websoft Co nomme en tant que PDG de l’une de ses filiales Mme Tang Yu qui n’est autre qu’une intelligence artificielle ;
Selon un article paru dans Le Monde Informatique, l’intelligence artificielle pourrait remplacer 300 millions d’emplois dans le monde.
#2 – Les nouvelles générations se succèdent mais ne se ressemblent pas
La nouvelle génération continue de bouleverser une vision stable du monde du travail. Elle réclame un monde plus écologique, un monde du travail qui a plus de sens également. Enfin, c’est une préoccupation du bien-être qui n’est plus un luxe mais un prérequis ! Enfin, une population qui veut se sentir acceptée, qu’elle que soit son identité ou celle qu’elle veut assumer. Nous allons alors parler d’inclusion et de diversité au sens large.
J’ai d’ailleurs une anecdote illustrative à vous partager : là où le terme «slasher» était l’apanage des avertis, termes notamment porté par Marielle BARBE, c’est un de mes coachés qui arrive en séance avec un livre sur le sujet, en m’expliquant qu’il comprend ainsi mieux son fonctionnement. Il n’est plus rare d’entendre une personne exercer dans 2, 3 ou plus vies professionnelles en parallèle. Nous sommes donc bien loin du temps où une personne occupait le même métier pendant toute sa carrière, voire au sein de la même entreprise. Il semble que la crise COVID a accéléré ce que les spécialistes du Future Of Work nous annonçaient déjà bien avant. Je pense notamment à Laëtitia VITAUD4. Et cela ne concerne pas que les plus jeunes générations car les précédentes ont également été impactées par cette crise sanitaire. Ainsi, la vision du monde du travail a été perturbée pour chacun. Vous l’aurez compris, cela induit des changements forts dans les organisations que nous accompagnons.
#3 – La culture en entreprise
Il me semble que nous tendons vers une homogénéité des cultures en entreprise. Nous avons longtemps parlé de culture différenciante dans les entreprises du fait de leurs valeurs, de leur géographie, ou autres caractéristiques encore. Si les différences restent notables et que nous ne pouvons pas nier les différences encore importantes entre une entreprise de deux continents distincts par exemple, je perçois une tendance à l’homogénéisation. Cela ne retire en rien que chaque entreprise est unique en soi. Des signaux forts nouveaux apparaissent toutefois comme cet article que je lisais au début de l’été concernant la Corée du Sud. Le gouvernement tentait d’imposer la durée hebdomadaire du travail à 69 heures. En vain ! Cela ne passe plus, même pour un pays pour lequel le travail est une valeur particulièrement forte.
#4 – Travailler différemment
Nous savons que nous pouvons travailler et nous organiser différemment. Nous avons vu que cela était possible lors de la période de confinement. Alors que j’étais encore Directeur dans le domaine de la cybersécurité, en 2020, une entreprise française «sensible» car traitant des données confidentielles, nous disait qu’elle ne pourrait jamais travailler à distance avec nous. Et nous le comprenions au regard de son activité. Et pourtant, entre arrêter une partie de sa production et s’adapter, ils ont su trouver la solution adéquate avec un niveau de risque maîtrisé. Une belle démonstration qu’en étant confronté à de plus grandes difficultés ou de plus grands problèmes, nous avons cette faculté de trouver des solutions plus innovantes et importantes encore. Travailler différemment, c’est aussi créer plus de synergie entre les différents métiers et entités de l’organisation. C’est d’ailleurs l’une des forces de l’humain et un sujet sur lequel les coachs d’organisation ont beaucoup à apporter je pense.
En synthèse
Le changement a donc été abordé à travers quatre axes certainement complémentaires que j’ai pu relever à travers la veille menée pour le magazine COACHING.
Dans le même temps, je n’ai pas cherché l’exhaustivité. Et je suis persuadé que vous avez constaté d’autres changements nouveaux en 2023, que vous en percevez déjà d’autres encore pour les années à venir. Pour autant, ces quatre facteurs du changement suffisent déjà à démontrer la force et l’ampleur du changement permanent que nous visons dans les organisations.
Prenant cela en considération, et si nous arrêtions de percevoir le changement comme un «problème» que nous chercherions à résoudre ? Il me semble qu’il s’agirait d’une course sans fin et illusoire. Et si nous acceptions le changement comme un état de fait ? Le changement est. Il ne s’agit même pas de le provoquer maintenant, il est déjà là.
Il me semble également que le changement est à considérer comme un allié, comme prendre le train déjà lancé. Non pas parce que nous sommes «en retard» (par rapport à quoi ?) mais pour bénéficier de sa force cinétique. Là où il pourrait être tentant de la craindre, ma proposition est de l’accepter et même de l’accueillir. Des notions qui nous sont familières en tant que coach ou professionnel de l’Humain. Le défi est de taille mais il est passionnant, ne trouvez–vous pas ?
Auteur: Jeremy RENARD.