L’une des plus grandes des souffrances que l’homme s’inflige, c’est celle de croire toutes ses pensées. Si le doute peut nous faire souffrir également, parfois il peut s’avérer être un bon allié pour contrecarrer les pensées nocives qui nous assaillent.

Comme le disait très justement le physicien Albert Einstein : « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré. » Au regard de cette citation, maintes fois dans ma vie, j’ai trouvé très utile de mettre en doute certaines de mes pensées qui généraient en moi souffrance et désarroi. Dans mon approche de Transformational Life Coaching, j’utilise souvent ces deux outils que sont le doute positif et la remise en cause de la véracité des pensées afin de lever le voile sur les croyances limitantes, les attentes nocives, les peurs, les blessures enfouies, etc. Ces dernières, telle la partie cachée d’un iceberg non conscientisée, nous freinent ou nous empêchent la plupart du temps d’expérimenter et d’exprimer notre vrai potentiel de vie. À contrario, une fois la partie basse de l’iceberg conscientisée et mise en lumière, en considérant ces pensées nocives à leur juste valeur et en transformant leur charge négative en positive, alors elles deviennent un réel booster à notre épanouissement personnel.

Être en Paix, pour faire la paix

Aujourd’hui, je vous propose d’aller explorer un des outils de l’approche de coaching de Byron Katie appelée « The Work » (le travail). Cette démarche permet d’identifier et de questionner les pensées qui sont à l’origine de notre mal-être. Une grande partie de ces souffrances émerge dans notre vie car nous n’acceptons pas les situations telles qu’elles sont, mais avec une intention de vouloir les changer pour les faire entrer dans un moule, notre moule ; celui même que nous avons forgé avec nos croyances, notre éducation, nos valeurs culturelles et religieuses, nos jugements, nos attentes envers soi-même et les autres, etc. Alors dans ce contexte créé de toutes pièces par notre mental, nous commençons à penser qu’un tel ou un tel devrait être plus respectueux envers nous, devrait être plus à l’écoute, devrait plus nous aimer… la liste, comme vous l’imaginez peut devenir vite très longue tant nous avons construit tout un univers où l’autre n’est pas en conformité avec nos pensées.

Pour renverser le mécanisme nocif de ces pensées, Byron Katie utilise la démarche du questionnement et du retournement. Elle utilise les 4 questions suivantes :

  • Est-ce que c’est vrai ?
  • Pouvez-vous absolument savoir que c’est vrai ?
  • Comment réagissez-vous et que se passe-t-il quand vous croyez cette pensée ?
  • Qui seriez-vous sans cette pensée ?

Puis après ce questionnement, vient le moment du retournement, où nous allons retourner la pensée pour se l’appliquer à soi et non plus à l’autre.

Pour illustrer cette approche, je vous propose de prendre un exemple de ma vie personnelle, au début de ma relation de couple avec mon épouse. À l’époque je travaillais dans un parc de loisirs, et les horaires étaient intenses. N’ayant qu’un seul véhicule, ma compagne me déposait tôt le matin sur mon lieu de travail puis revenait me chercher en fin de journée. Après cette longue journée de labeur, pour rien vous cachez, je n’avais qu’une envie, celle de monter dans la voiture puis arriver le plus vite possible à la maison pour me détendre et prendre du temps pour moi et mon épouse. L’attente de voir la voiture sur le parking prête à démarrer sur les chapeaux de roues pour me ramener à mon sweet home était très forte. Mais comme certaines fois, les attentes peuvent réduire la joie, il était fréquent que mon épouse ait 15 à 20 minutes de retard. Cela me mettait hors de moi! Colère, frustration, irritation, sentiment d’injustice et toute la batterie de cuisine qui va avec se bataillaient dans ma tête et… une fois monté à bord, plutôt que d’exprimer ce que je vivais, je faisais la moue, commencer à lancer des reproches… Je vous laisse imaginer par vous-même l’ambiance exécrable que cela pouvait diffuser. Dans ma tête la pensée « Elle n’est jamais à l’heure donc elle ne me respecte pas et elle n’est pas à l’écoute de mes besoins » tournait en boucle tel un disque 33 tours rayé.

Première étape : le questionnement

  • Alors était-ce réellement vrai qu’elle ne me respectait pas ? Était-ce vrai qu’elle n’était pas à l’écoute de mes besoins que je croyais pourtant avoir exprimés clairement? Ce premier questionnement demande que nous n’y répondions pas avec notre ego blessé mais d’un espace d’introspection où la réponse doit émerger de notre désir de pacifier notre esprit.
  • Le deuxième questionnement, nous amène à douter positivement de la pensée que l’autre ne me respecte pas, qu’elle n’est pas à l’écoute de mes besoins, dans ce cas précis. Les questions sont de la sorte : « Suis-je vraiment certain à 100% qu’une personne ne me respecte pas, n’est pas à l’écoute de mes besoins ? », « M’arrive-t-il de ne pas être également à l’écoute de mes besoins, ou de ceux des autres ? »
  • « Comment réagissez-vous, que se passe-t-il quand vous croyez cette pensée ? » La troisième étape nous amène à aller observer comment nous nous comportons vis-à-vis de cette personne, puis de devenir conscient également de comment nous nous traitons. Précisément, c’est de définir concrètement les effets qui se produisent lorsque vous croyez cette pensée.
  • La quatrième étape est très importante car elle nous amène à nous poser la question suivante : « qui serions-nous sans cette pensée ? ». Si vous n’alimentiez plus cette pensée, quelle valeur ajoutée cela apporterait-il à la situation, à la relation avec l’autre personne et à vous-même ?

Seconde étape : le retournement

Nous allons maintenant retourner l’affirmation initiale qui est dans mon cas d’exemple « Mon épouse ne me respecte pas et elle n’est pas à l’écoute de mes besoins » par « Je ne respecte pas mon épouse et je ne suis pas l’écoute de ses besoins ». Qu’en est-il en effet dans ce nouveau sens ? Quels sont ses besoins à elle ? Lui ai-je déjà demandé ? Peut-être pas, du moins pas clairement ? Et si je lui demandais et si je me mettais à sa place et à écouter ses besoins, qu’est-ce que je pourrais bien découvrir ? Et si cela n’avait rien à voir avec un manque de respect à mon égard ou de ne pas être à l’écoute de mes besoins…

Ici, dans cet exemple, la liste des retournements n’est pas exhaustive, nous pourrions en découvrir d’autres. Le plus important c’est de le faire avec bienveillance et sincérité.

Pour vous raconter la fin de mon histoire avec mon épouse, en effet, je m’en étais fait tout un film qui passait en boucle dans ma tête alors qu’après un moment d’échange dans la bienveillance et d’une discussion sincère, ce qu’il faisait qu’elle était en retard était le fait… qu’elle n’aimait pas arriver en avance ou à l’heure et… attendre !

En effet, les contraintes de mon travail étaient telles qu’il m’arrivait souvent de sortir moi-même du travail en retard. Alors, à l’époque, suite à cette communication de cœur à cœur, pour ne plus vivre cette situation avec un tsunami émotionnel, j’avais choisi à l’époque de prendre toujours un livre avec moi et utiliser à bon escient ce temps d’attente.

Après avoir réalisé ce chemin introspectif, le temps est venu pour…

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